Tout temps passé a terre n'est qu'un intervalle de surface.

La Suunto D6i, 1000 plongées plus tard.

Il y a un peu moins de 3 ans, j’ai reçu en cadeau la montre-ordinateur dont je rêvais, la D6i, version « All Black », dontj’avais déjà parlé ici. Et il y a donc quelques jours, j’ai dépassé le cap prestigieux des 1000 plongées effectuées avec le même instrument.

Alors évidemment, quelques petites choses sont à remettre dans le contexte : 1000 plongées, ça parait effectivement beaucoup pour quelqu’un dont la plongée est un loisir, mais dans le cadre du travail d’un instructeur, c’est normal. Et en 3 ans, c’est même la petite moyenne.
Je vais donc vous livrer mon point de vue sur cette montre, que j’espère sera aussi bon avis pour quelqu’un qui souhaite en faire un outil de travail, que quelqu’un qui souhaite s’acheter un bel objet.

Juste pour vous rappeler, Suunto est peut-être le leader des ordinateurs de plongées dans le monde et sa gamme « D » a réellement démocratisé les montres-ordinateurs. Avec la D6i, Suunto a créé une montre-ordinateur avec presque tout ce qu’il faut. Nitrox, multi-gaz, compas, affichage des menus clairs (rien à voir avec les menus d’un zoop par exemple), et j’en passe.

LES POSITIFS

 

La robustesse de la montre.

Je continue d’utiliser cette montre tous les jours et le moins que je puisse dire est qu’elle est solide. Un corps en acier (à la différence du plastique de la D4i et du titane des D9i et DX), noir dans mon cas, avec un verre en saphir synthétique. Il y a bien entendu quelques rayures sur le boitier, et le noir est légèrement patiné, mais c’est tout. Même le verre s’est pris des gnons, heurté du métal, du corail et de la roche, mais il n’y a que quelques microcoupures qu’on ne remarque vraiment que si on les cherche.

L’Utilisation

C’est bien simple. Lorsque je me lève le matin, je mets ma montre. Lorsque je fais ma bascule arrière pour plonger, j’ai mon ordinateur de plongée. Entre les deux, je ne pense pas à la différence entre les deux. Une fois dans l’eau, le mode plongée prends le dessus sans avoir à programmer quoi que ce soit. L’affichage est clair, concis : les informations dont j’ai besoin sont là sous mes yeux. Je sais que je peux prêter mon ordinateur a quelqu’un qui ne le connais pas, et qu’avec un minimum de jugeote, cette personne peut savoir le lire tout de suite à l’utilisation.

Le transmetteur a l’usage.

Le gros confort réside en le couplage avec le transmetteur pour avoir en temps réel la quantité d’air dans la bouteille, ainsi que l’autonomie en air exprimée en minutes restantes. J’aime beaucoup justement ce calcul d’autonomie, car 130 bar pour moi ne représente peut-être pas forcement le même temps restant en air que pour quelqu’un d’autre. Les données affichées sont justes et peuvent être suivis sans avoir peur d’être erronées. De plus, on peut très bien s’en servir de moyen numéro un pour vérifier son air, je pense que je n’ai jamais perdu subitement « sans raisons » la connexion entre la montre et le transmetteur, même si je garde toujours un manomètre de secours sur mon détendeur juste au cas où.

L’algorithme

Beaucoup moins le cas maintenant mais je me rappelle qu’en 2004, j’étais regardé comme un paria parce que dans le centre UCPA ou j’allais plonger pour le plaisir avec ma Suunto Mosquito (à l’époque) alors que la mode était aux Uwatec. On m’avait même changé de groupe parce que mon ordinateur était « trop conservateur » et que je n’avais pas voulu louer leur Aladin.
Maintenant que je plonge tous les jours avec, je peux aussi affirmer que jamais cet algorithme ne m’a gêné, et je continue aussi de penser que lorsque je guide, c’est dans l’intérêt de la clientèle a ce que ce soit moi qui ai l’ordinateur le plus contraignant pour aller dans le sens de la sécurité.

Les bracelets plastiques et surtout Zulu

La D6i est disponible avec 3 bracelets : plastique, métal et Zulu. Ça tombe bien pour vous, j’ai essayé les 3. Et tiens, curieux, il n’y en a que 2 dans mes points positifs…
Le bracelet plastique, celui de base, est sans doute celui qui m’aura été le plus pratique et le plus durable. J’ai réussi à le casser tout de même, mais après plusieurs centaines de plongées et des mois et des mois d’utilisation quotidienne comme montre de tous les jours. En plus, le bracelet peut être adjoint à une extension pour pouvoir rajouter de la longueur et être porté au-dessus d’une combinaison épaisse.
Le bracelet Zulu est le dernier né des bracelets et c’est celui que j’ai acquis en remplacement des deux autres. C’est un bracelet en nylon renforcé, qui se porte comme un bracelet type NATO (pour ceux qui connaissent) c’est-à-dire un bracelet en une pièce qui permet de garder la montre sur le poignet même si l’une des pompes de maintien viendrait à casser (pour ceux qui ne connaissent pas). Le résultat en fait une montre avec un look totalement inédit, franchement sportif et pour le moment incroyablement résistant.

LES NEGATIFS

Le bracelet métal.

Puisque je parlais des bracelets, parlons donc du bracelet métal de chez Suunto. Si vous souhaitez acheter une D6i au bracelet métal, sachez qu’il y a deux versions. La première, celle que je possède, est complètement inutile et donc une grosse escroquerie : le bracelet n’est pas réglable en taille de poignet et que cette montre ne peut donc pas être porté sur une combinaison, pas même une 3mm. Au lieu de ça, il faut retrousser la manche du poignet pour laisser sa montre a même la peau. Essayez donc de faire des plis avec votre 5mm et on reparlera de votre circulation sanguine… Le bracelet était donc prévu pour les gens qui veulent porter au quotidien et qui plongent en T-shirt. Quand on sait que la D6i métal est vendu plusieurs centaines d’euros en plus que la version plastique, j’ai envie de dire qu’on se fait arnaquer.
Alors récemment, ils ont sorti un nouveau bracelet avec un fermoir réglable. Il était temps, après presque 10 ans de bracelet non réglable… Demandez donc à votre vendeur de vérifier que le bracelet est celui qui vous convient, Suunto ne faisant bien entendu surement pas de remplacement pour une si petite pièce de métal aussi cher.
C n’est pas mon bracelet, mais j’ai eu exactement la même chose.
Mais pire encore, j’ai tout de même cassé mon bracelet métal car les liens qui relient les maillons du bracelet sont… en plastique ! et que ceux-ci se sont usés assez rapidement avec mon rythme soutenu. C’est un comble d’avoir un bracelet en apparence solide si finalement ce n’est que l’extérieur et que l’intérieur est la partie faible.

Le transmetteur, l’objet lui-même

Comme expliqué plus haut, dans l’ensemble il marche bien, mais il y a tout de mêmes quelques petites choses qui me chiffonnent et qui font que je parle de ce transmetteur aussi dans les points négatifs.
Le fameux transmetteur nouvelle génération avec LED pour montrer que la connexion est établie. Ça serait vraiment chouette si seulement la LED était visible. Je pense l’avoir vu, un jour, dans une pièce sombre… le reste du temps, sur le pont du bateau, au soleil, impossible à voir.
La fameuse Connexion à vie, c’est aussi à relativiser. La première génération de montre avec transmetteur (La D9 originale) avait un gros défaut : il fallait connecter la montre au connecteur avant chacune des plongées.
La nouvelle génération, les montres « i » ont introduit une nouvelle fonction, l’appairage a vie, où un code fixe est donné par le transmetteur a la montre et cette dernière s’y tient. Ça marche très bien, sauf que le moyen de changer le code du transmetteur en cas de problème est de faire rapidement monter/descendre la pression de la bouteille avec une ouverture/fermeture/purge, normalement plusieurs fois à la suite. Et malheureusement c’est exactement ce qu’il se passe quand on vérifie les pression d’air dans les bouteilles d’un club de plongée. Et alors que normalement il faut ouvrir/purger plusieurs fois à la suite pour remettre à zéro le code, je me suis aperçu que parfois une seule purge suffit. Embêtant, quand sur le bateau ou je travaille je n’ai pas le temps de porter une énorme attention à ma pression à l’ouverture. Je souhaite ouvrir le bloc, et savoir que je n’ai pas me soucier de vérifier.
Alors oui, c’est à relativiser si vous plongez pour le loisir et que vous allez avoir votre temps de vérifier votre équipement.

Les Mises à Jours

C’est curieux, ce choix de Suunto de ne pas permettre les mises à jours par l’utilisateur. Je mets à jour moi-même mon PC, mon smartphone, le software de mon appareil photo et de la GO Pro, et de tout ce que je peux avoir d’électronique et de connecté. Mais Suunto continue de vouloir avoir un programme de connexion avec le PC qui permet de synchroniser les données MAIS ne peut pas servir à faire les mises à jour de l’algorithme. Noooon, pour ça il faut aller voir un technicien Suunto qui bien entendu ne vous fera PAS la mise à jour gratuitement.
Donc pour résumer, Suunto propose des mises à jour de leur firmware payantes et en atelier. Nous sommes en 2017….

Le mode apnée

Une vraie plaie, ce mode apnée. Imaginez, vous partez en vacances une semaine. Le jour de votre arrivée il est trop tard pour aller plonger mais depuis la plage vous décidez d’aller vous baigner. Vous prenez votre Suunto et vous décidé de la mettre en mode Apnée pour voir à combien vous descendez, et combien de temps vous restez sous l’eau.
TERRIBLE ERREUR !!! Vous venez de bloquer votre ordinateur pour 48h ! Et voilà comment vous rendez inutile votre ordinateur pour 2 jours entiers. Car oui, à partir du moment où vous faites UNE apnée, même de 3m pour 30 secondes, vous rendez impossible le passage au mode ordinateur pour 48h… idiot n’est-ce pas ? Surtout lorsque vous avec 5 jours pour plonger sur votre semaine de vacances.

LES POINTS PERFECTIBLES ?

 

Mis à part ce que je viens d’énumérer dans les points négatifs, et donc à améliorer, il s’agirait tout simplement de… s’inspirer des G-Stock Frogman.

La Casio G-Shock Frogman D1000 (a decouvrir ICI) est mon dernier coup de cœur (en attendant que ma tirelire me permet d’y penser serieusement)

A quoi est ce que je pense en disant cela ? C’est que sur la G-Shock de plongée sous-marine, hormi la profondeur, temps, température, il y a aussi les marées et phases de la Lune.

C’est tout bête, mais pour un instructeur ou un plongeur qui veut partir faire un plouf entre amis, c’est sacrement pratique pour savoir comment sera la mer et/ou le courant.

Et ne me dite pas que c’est irréalisable. Ce ne sont que quelques lignes de codes en plus pour l’affichage de ces deux données, et une mise à jour via le PC pour choisir l’endroit dans le monde concerné par ces marées.

Mais bon, pour cela, il faudrait que Suunto redevienne innovant :p

 

Classé dans :Équipement de plongée, Ordinateurs

1 réponse »

Rétroliens

  1. Test de la Suunto D6i apres 80 plongées – Le French Plongeur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :